De l’extérieur on pourrait dire : l’université est en crise ? So what ?…Ce n’est pas nouveau, et une actualité qui s’éternise n’est plus une actualité…mais ce qui est nouveau ce sont les mobilisations que l’on commence à voir surgir un peu partout en France. Il me semble que la situation dans les universités est sur le point de devenir au-delà de critique mais explosive, au point qu’un grand mouvement national pourrait se dessiner à la rentrée de janvier.a

En effet, pour des raisons d’autonomie des universités et de calendriers propres à chaque université, toutes les décisions actuelles qui sont prises ici ou là n’arrivent pas en même temps, mais avec quelques semaines de décalage, elles vont cependant toutes dans le même sens, et cela va finir par se savoir: toujours plus d’austérité.

D’ici fin décembre tout le monde aura été logé à la même enseigne. Déjà, en recoupant les infos (mais ce travail reste à faire de façon plus systématique), on constate que les universités arrivent à la limite de leurs possibilités budgétaires: désormais les postes et les formations deviennent un levier d’économie. Cela tient à plusieurs facteurs. L’un, très connu, est le poids de la masse salariale dans les budgets du fait du GVT (glissement vieillesse technicité) qui a coûté par exemple à l’université de Besançon plus de 10 millions d’euros depuis la LRU et son application avec le passage aux RCE (Responsabilités et compétences élargies) en 2009. C’est le cas partout. Cela tient aussi au fait que les universités (les présidents) jouent le jeu de la LRU et développent des projets ancrés dans l’économie des territoires, ce qui ne permet plus de tenir le cap d’une université généraliste, offrant un service public d’enseignement supérieur équivalent sur tout le territoire. Des choix sont donc faits pour favoriser tel ou tel secteur si bien qu’il faut déshabiller Paul pour habiller Jacques (hasard des dictons).

On voit actuellement, alors que les budgets et les campagnes de postes 2017 sont en train d’être votés un peu partout, des pratiques identiques d’austérité se mettre en place: gels de postes sans précédent (par exemple dans notre UFR SLHS, la moitié des postes vacants ne seront pas mis au concours l’an prochain), réduction de l’offre de formation (soit on menace de fermer purement et simplement des départements, soit on demande de baisser le nombre d’heures dans les formations, par exemple des semestres à 10 semaines de cours en L1 au lieu de 12, etc.).

Les universités de Dijon, Besançon, Rouen, de Toulouse, Versailles Saint-Quentin, Pau, ont lancé des mouvements de mobilisation. L’université de Reims, de Nice rencontrent les mêmes difficultés et les collègues le disent. Sans parler des universités que je n’ai pas eues dans mon radar. La liste à mon avis peut être étendue à l’ensemble des universités. Nous avons créé un site pour la mobilisation à Besançon http://ufcsolidaire.com/ où il y a des docs utiles pour comprendre la situation: il faudrait absolument que nous arrivions à recenser les situations de toutes les universités.