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Bisontin(e)s, notre Université est menacée - RÉAGISSONS !

Où faire des économies ?

Suggestions

1. Supprimer ou réduire les primes du président et du DGS (directeur général des services)

Selon le document “Opérateurs de l’État” (p. 159) des jaunes budgétaires annexé au projet de loi des finances pour 2017, à l’UFC, les 10 plus hauts salaires cumulés représentent 972 000 €. Cela fait une moyenne de 8100 € par mois pour chacune de ces 10 personnes mais, évidemment, cela ne signifie pas grand’ chose quand on sait que les 3 premiers, à savoir le président, le DGS et l’agent comptable, doivent être nettement au-dessus des 7 suivants.

A titre de comparaison, un adjoint technique avec 25 années d’ancienneté touche 1413 € net par mois. Salaire net moyen des cat. C à l’UFC = 1426,89 €, salaire médian = 1394,45 € ; salaire moyen des contractuels de cat. C = 1396,43€, salaire médian = 1373,44€.

Selon L’Étudiant, un président touche “entre 60.000€ et plus de 156.000€ brut annuels primes comprises”. Le fixe du DGS, quant à lui, “s’échelonne entre 80.000€ et 110.000€ brut” et sa prime “varie entre 18.000€ et 27.000€ annuels brut”.

Certes, nous sommes loin des salaires des grands patrons des entreprises du CAC 40. Nous sommes loin également du salaire des fat cat academics qui font scandale en Grande-Bretagne. Mais les universités britanniques, bien que payantes et très chères, sont ruinées, elles ont supprimé quantité de filières en 2009, 2010, 2011… Est-ce vraiment un exemple à suivre ?

On nous rétorquera que les primes du président et du DGS sont fixées par l’État… Et alors ? Un don est toujours possible !

2. Réduire le budget “voyages” du président

Nous n’avons pas connaissance, comme à l’UB, de dépenses somptuaires du président et de frais de bouche extravagants (cocktails, réceptions, etc.) mais… on ne sait pas tout !

On sait par contre que le président de l’UFC voyage beaucoup (il était en Malaisie dernièrement). Proposition est faite qu’il s’applique à lui-même les règles qu’il soumet au CA du 16 décembre dans le “Guide pratique de l’agent en mission” (point 2.10, p. 34 et suivantes) : remboursement sur la base du tarif SNCF 2è classe, 15,25€ par repas, 60€ par nuitée, à l’étranger remboursement dans la limite de 2 indemnités journalières…

3. Supprimer ou réduire la PEDR (prime d’encadrement doctoral et de recherche)

Sous Pécresse, on disait la PES (prime d’excellence scientifique) mais avant Pécresse, on disait la PEDR. Peu importe, c’est la même chose ! En 2011, une cinquantaine d’enseignants-chercheurs de l’UFC avaient fait connaître les raisons pour lesquelles ils/elles refusaient de candidater à cette prime qui est scandaleuse dans son principe même.

L’UFC y consacre annuellement autour de 800 000 € pour 138 bénéficiaires (bilan social 2014, p. 43).  Pour la campagne 2016, elle dispose d’une enveloppe globale de 230 000 euros. S’il est distribué en totalité, ce montant engage l’établissement pour une durée de 4 ans puisque c’est la durée pour laquelle cette prime est attribuée. En 2016, on continue de verser la PEDR (ou la PES pour certains) à ceux/celles qui l’ont obtenue il y a 4 ans, il y a 3 ans, il y a 2 ans, etc.

On nous rétorquera que cette prime est fixée par décret et que l’université n’aurait pas le droit de la supprimer. C’est d’ailleurs ce que dit le ministère sur son site : “La PEDR peut ne pas être attribuée au regard du dossier présenté mais en aucun cas un établissement peut refuser, par principe, de ne pas appliquer le dispositif prévu par le décret n°2009-851 du 8 juillet 2009“. Pourtant, quand on consulte le décret, on peut avoir une autre interprétation.

L’université ne peut pas déroger à l’obligation de verser la PEDR à celles et ceux qui en bénéficient de droit : “Elle est attribuée aux personnels lauréats d’une distinction scientifique . . .“. Pour les autres, c’est à l’appréciation de l’établissement : “Elle peut être accordée aux personnels dont l’activité scientifique est jugée d’un niveau élevé . . .” ;  “Elle peut également être attribuée aux personnels apportant une contribution . . .“.

A l’UFC, les bénéficiaires de droit seraient au nombre de deux personnes. Il y a donc une source possible d’économies de plus de 3 millions d’euros sur 4 ans.

On nous rétorquera que les budgets consacrés à la PEDR sont fléchés, qu’on n’a pas le droit de les détourner à une autre fin. Mais cette affirmation nous semble aller à l’encontre du principe d’autonomie budgétaire voulu par la loi LRU. On a déjà vu des crédits “fléchés”, comme ceux du plan “réussite en licence”, censé diminuer le nombre d’étudiant.e.s par groupe de TD, qui ont été déversés dans le pot commun du budget de l’UFC lorsque la présidence a décidé de le supprimer.

D’autre part, on constate que l’UFC est un petit joueur à côté de l’UB qui, elle, y consacre 1 475 292 € pour 253 bénéficiaires (bilan social 2015, p. 58). Pourtant, l’UB compte 825 enseignants-chercheurs titulaires et l’UFC 682. L’UB a 143 EC en plus, soit 11,11% et 115 bénéficiaires de la PEDR en plus, soit 83,33% ! Qu’est-ce qui explique une telle disparité sinon un choix fait localement ? Or l’UB se trouve dans une situation financière bien plus délicate que l’UFC. Le lien de  cause à effet avec la PEDR semble évident !

A défaut de supprimer totalement la PEDR, on peut la ramener à un niveau beaucoup plus raisonnable. On pourrait décider d’y consacrer autant que pour les “primes de responsabilité pédagogique” qui tournent autour de 900 €. Cela aurait pour effet de diviser le budget PEDR par 10, donc une économie de 207 000 € dès 2017.

On nous dira que si la PEDR de l’UFC est fortement inférieure à celle des autres universités, les professeurs des universités (principaux bénéficiaires) ne voudront plus y venir. Pourtant, c’est exactement ce que le CA de l’UFC a fait, pour les collègues BIATSS de la filière AENES (administration de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur), lorsqu’il a mis en place le nouveau régime indemnitaire RIFSEEP. Désormais, les primes diffèrent d’une administration à l’autre et il est beaucoup moins avantageux de venir à l’UFC qu’au rectorat ou à l’inspection académique. Les temps sont durs, nous sommes en période de vaches maigres, il faut bien faire des sacrifices, etc. Nous sommes rodé.e.s à ce discours !

Ce qui a été fait pour les BIATSS ne pourrait pas être fait pour les professeurs ? On pourrait penser que les primes sont d’une importance beaucoup plus vitales pour les adjoints administratifs, secrétaires d’administration, etc. que pour les maîtres de conférences et les professeurs des universités. On pourrait penser aussi que ce n’est pas le seul appât du gain qui est la motivation de la recherche. Ou alors, on s’est trompé de métier, il ne fallait pas venir dans la fonction publique !

4. Supprimer les CMI (cursus master en ingénierie)

L’UFC s’enorgueillit de faire partie du réseau Figure créé en 2012 pour y accueillir des CMI. On entend souvent dire que ces CMI ne coûtent rien. C’est totalement faux ! Comme le disait Pierre Dubois en 2012, le financement est indigent. Il annonce la somme de 104 000€ par université. En réalité, à l’UFC, chaque CMI a obtenu 10 000 € pour l’année de son ouverture et, depuis, ce sont les composantes qui payent.

Le fait qu’il y ait un CMI en info-com et un autre en aménagement du territoire à l’UFR SLHS est utilisé par la présidence pour montrer toute la considération qu’elle a pour les lettres et les sciences humaines. Ces CMI seraient un cadeau dont cette UFR devrait être redevable.  Les CMI seraient des facteurs d’attractivité pour les “formations support”, un moyen de valoriser les formations en créant une dynamique.

Mais de quelle dynamique parle-t-on ? Il n’y a plus de financement aujourd’hui pour les CMI qui sont de forts consommateurs de ressources pour des effectifs très réduits : ressources en heures et en salles. Les enseignant.e.s qui interviennent dans ces cursus doivent évaluer et sélectionner les dossiers de candidature sans aucune compensation. Les services de scolarité doivent gérer des formations en plus. Les casse-têtes au sujet de l’emploi du temps se multiplient en raison de la partie du cursus qui est mutualisée avec ladite “formation support”. Les CMI sont censés avoir une salle attribuée ce qui, à l’UFR SLHS, est rigoureusement impossible. Le jour où le réseau Figure viendra faire une inspection, il faudra faire semblant de lui avoir dégotté une salle !

L’idée sous-jacente que la sélection des candidat.e.s permise par ces cursus “tirerait les formations vers le haut” en les valorisant est un leurre absolu. Tout d’abord, quel est l’intérêt, pour les étudiant.e.s de se lancer dans un tel cursus alors qu’il ne donne pas le titre d’ingénieur à la fin ? En réalité, tous.tes les collègues le disent : rien ne distingue le profil des étudiant.e.s sélectionné.e.s dans ces cursus des étudiant.e.s lambda.

Bien entendu, nous ne suggérons pas une suppression sèche des CMI. Non, il y aurait simplement une non-ouverture de la 1ère année en 2017, de la 2ème en 2018 et ainsi de suite.

On dégagerait ainsi d’importantes marges financières pour financer les formations générales, ce qui va dans l’intérêt du plus grand nombre.

5. Ne pas ouvrir de masters “internationaux” portés par la COMUE

Les mêmes travers que nous dénonçons pour les CMI sont à attendre, en pire, de ces masters COMUE soumis à l’examen du CA du 16 décembre. On nous dit que l’ISITE va apporter, à chaque master créé, 75000€ “par an pendant 48 mois” donc leur financement est assuré pour quatre ans et ensuite, c’est aux établissements de se débrouiller !

Bien entendu, s’il s’agissait de créer des postes pour soutenir ces masters, nous ne pourrions qu’être pour ! Mais il n’en est rien et les heures dégagées pour eux seront prises sur le potentiel des établissements. Les 75000€ annoncés ne serviront qu’à financer “de la mobilité” : envoyer des enseignant.e.s à l’étranger, en faire venir de l’étranger… cela reste assez vague. En tous cas, ces masters se dérouleront dans les salles des établissements (la COMUE n’a pas de locaux) et, comme les CMI, ils donneront du travail en plus aux scolarités. Comme les CMI, les masters COMUE dégraderont les conditions de travail et d’études de tout le monde.

Ajoutons que bon nombre de ces projets de formations censées toutes se dérouler en anglais (ou plutôt en globish) ont été déposés par des collègues qui ne sont pas anglicistes ni même anglophones…

Il est donc urgent de ne pas s’engager dans cette voie qui va une fois de plus dévaloriser l’UFC et l’attirer vers le bas. Ne créeons pas de diplômes bidons qui vont se trouver en concurrence avec les vraies formations dans lesquelles s’impliquent tous.te.s les collègues !

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